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Comme vous peut-être, je suis passé à côté d’une des seules merveilles de la Wii pour un public averti lors de sa sortie. Comme vous peut-être, je me suis demandé, sur le moment, si ce jeu valait le coup de dépenser quelques billets et je suis passé à autre chose sans accomplir la transaction. Mais il y a quelques jours, au détour d’un magasin spécialisé, alors que je flânais sans me méfier, un boîtier me sauta à la gorge, me suppliant de le prendre avec lui. À l’allure confiante et provocante, arborant un fier loulou et une donzelle à moitié déshabillée, il poussait le vice jusqu’à afficher un prix de misère, comme une vieille prostituée obligée de se solder pour continuer de faire marcher son business. Et à 15 euros la passe, avouez qu’il y a de quoi tenter même le plus puritain des culs-bénis ; en pauvre pécheur je décidai donc de franchir le pas. Et, mes amis, quel pied !
En dehors même du fait que le beat them all est un genre rare (et rarement réussi) sur la dernière Nintendo de salon, NMH apporte un peu de fraîcheur désinvolte sur une console trop sage. Vous êtes Travis Touchdown, otaku, fan de catch, petite frappe et tueur à gage, qui se laisse embobiner par une blondinette lui promettant gloire et fortune. Un peu tête brûlée, le gaillard n’hésite pas à provoquer les meilleurs assassins pour prendre leur place et devenir numéro 1. C’est alors un cercle vicieux qui s’enclenche dont il n’y a que deux façons de se tirer : vainqueur, ou mort. Mais le garçon prend ça à la cool, en gardant même le temps de se la péter un petit peu. Bref, le ton n’est pas prise de tête, le scénario est tout ce qu’il y a de plus simple (buter tout le monde pour être le meilleur), et le « j’m’en foutisme » semble être l’état d’esprit qui domine.
Mais attention : si le personnage principal est un kéké qui ne prend rien au sérieux, les développeurs, eux, n’ont pas flemmardé. Le gameplay en combat est très réfléchi, presque instinctif : levez la wiimote et votre katana-laser est en position haute ; baissez-la et votre arme est en position basse. La différence sera l’endroit où vous frapperez votre adversaire, très important en fonction de la manière dont celui-ci se met en garde. En plus de ce sabre, vous pouvez assommer votre adversaire… et lui faire des prises de catch ! Vous apprendrez une nouvelle technique avant chaque boss, ou en matant des vidéos de catch. Les fans de GTO apprécieront grandement le moment où Travis maîtrisera le German Souplex ! La wiimote et le nunchuk sont sollicités lors de ces prises, où vous devez reproduire les mouvements à l’écran.
Mais No More Heroes est un jeu qui surprend également sur la forme : si les graphismes sont parfois maladroits, sans être désagréables et malgré une bonne gestion des ombres, le jeu affiche un côté cheap et rétro totalement assumé, intégrant un peu partout des pixels et des bip bip à la manière des premiers jeux électroniques. Ainsi à la fin de chaque niveau, on se croirait dans le tableau des scores d’un Pacman ou d’un Space Invaders. Dans le même style un peu décalé, tous les ennemis vaincus se transforment instantanément en pièces de monnaie, les bornes de sauvegarde sont systématiquement des toilettes, et vous devrez ramasser en ville des balles renfermant un mystérieux pouvoir pour apprendre de nouvelles techniques secrètes auprès d’un poivrot en survêt’, vieux, chauve et affalé au comptoir d’un bouge miteux. Ce dernier personnage pourrait être une incarnation du jeu lui-même, mal habillé, l’œil torve, mais qui nous met une claque sans prévenir et nous impose le respect.
Avoir toute une série de personnages de ce type (les boss principalement, qui nécessitent souvent un peu de technique pour les affronter) permet des ressorts comiques ou inattendus au scénario. On affronte ainsi un sheriff qui se rêve chanteur au milieu d’un stade de baseball, un acteur schizophrène qui ne fait plus la différence entre lui et ses rôles, une étudiante qui tue ses camarades pour faire de la place et se battre contre nous… Bref, tout un tas d’assassins improbables mais dangereux, ce qui garde intacte la motivation. En effet, à peine un boss éliminé, on a envie d’expédier les petits boulots (ramasser des noix de coco, déminer la plage, etc.) pour avoir assez d’argent et découvrir quel énergumène va se dresser contre nous.
On secoue le tout et on obtient un cocktail bien frappé, dans tous les sens du terme. Si vous êtes du genre bon public, vous apprécierez le jeu en lui pardonnant ses ratés (ses graphismes un peu pauvres et ses phases répétitives). Si vous êtes un gros blasé de la vie, le contexte détendu et ensoleillé du jeu ne suffira pas à vous faire oublier ces détails, mais si vous êtes dans cette situation vous n’aimez sûrement pas grand chose et on ne peut rien pour vous. C’est en tout cas un conseil que je donne à ceux qui ne savent pas quoi acheter sur Wii en ce moment et/ou qui ont un budget un peu serré : allez dans un magasin, emparez-vous du boîtier et donner des sous à la caisse, de force s’il le faut. Mais si possible, optez pour la version américaine… non censurée. Car dans la version européenne, vous ne verrez pas une goutte de sang !
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Jeudi 28 Mai 2009, à 00h34
Très bon test SiMouth.
Je n'aurais en revanche pas été jusqu'au 8. J'avais prévu de faire un test du jeu, que j'ai avorté en cours de route. J'aurais opté pour un 6 ou 7/10 me concernant. "Des boss qu'on prend plaisir à affronter" Faut dire que c'est un peu le seul vrai intérêt du jeu... Mais personnellement, j'ai trouvé ça très répétitif, et pas seulement dans les niveaux eux-mêmes. Même si l'équipe de développement a fait l'effort de proposer des Tueurs à gages avec des capacités propres, j'ai eu l'inéluctable impression de faire souvent la même chose. Malgré une diversité fondamentale dans le gameplay qui est très appréciable. "Un peu trop cheap et mal réalisé pour qu'on adhère à fond" Mal réalisé ?! Le design (des tueurs à gages), la mise en scène et certains effets sont parfois très sympas, voir surprenants (sauf pour ceux qui ont connu Killer 7). En revanche, que tous les décors soient vides, que les persos secondaires aient tous la même gueule ou encore que le rendu de la ville soit à la limite du supportable pour les yeux, c'est indéniable... Mais y'a un vrai cachet (qui je trouve personnellement surpasse la technique pure), comme tu l'écris dans ton développement. "Les phases en ville n'étaient pas indispensables" Non seulement pas indispensables, mais en plus le gameplay à moto est vraiment naze. C'est lourdingue, poussif... limite insupportable, et malheureusement obligatoire... Je ne pensais pas faire parti des vieux blasés (comme tu l'écris dans ta conclu), mais plutôt du genre bon public... Malgré tout, j'ai été séduit par de nombreuses choses (design, gameplay des combat, la bande-son, etc.) tout en étant repoussé par d'autres (pauvreté des environnements, action répétitive, dialogues, etc.). D'où un 8/10 un peu généreux me concernant, et une conclusion un brin obscurantiste... Mais cela n'enlève en rien la qualité de ton test. PS : je suis d'accord, en tant que fan inconditionnel de GTO, le german souplex est un vrai bonheur dans NMH !!!
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Vendredi 29 Mai 2009, à 19h31
En effet j'ai presque mis 7. Mais j'ai mis un 8 pour l'intérêt par rapport à son prix actuel, qui en fait une des meilleures affaires étant donnée la qualité.
Pour ce qui est du côté répétitif, j'ai l'impression que c'est à la fois quelque chose de chiant mais quelque chose qui fait l'identité du jeu. C'est répétitif, mais par phases, au cours de la progression les ennemis de base sont (heureusement) de plus en plus durs à affronter, avec de nouvelles techniques (les flingues et les pistolets mitrailleurs par exemple), et ça participe un peu de ce côté rétro, on ressent la même impression que sur les premiers beat them all où on zigouillait 10000 fois les mêmes ennemis. Concernant le débat technique / cachet, je suis allé voir sur jeuxvideo.com , ils ont simplement splitté la note en 2 pour les graphismes : excellente note artistique, très mauvaise note technique. Ça résume assez bien l'impression qu'on peut avoir de jouer à un jeu à la fois magnifique et mal foutu. Quant à la moto, c'est clairement ce qui plombe le jeu. À tel point qu'à un moment, j'avais fini par l'abandonner et parcourir toute la ville à pieds, quitte à aller moins vite. Voilà. Mais je ne m'en cache pas, je mets très facilement des notes au dessus de ce que les jeux peuvent mériter par moments, rien que parce qu'on sent l'effort des devs derrière. Si je devais tester des jeux où on se fout bien de notre gueule comme D&CO, je pense que ma générosité ; s'envolerait
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Samedi 30 Mai 2009, à 01h20
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